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TraAM 2018-2019

rousseaumarie

Created on June 4, 2019

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Sommaire

1. Présentation du projet 2. Champs de recherches 3. Textes théoriques 4. Projets d’enseignement et expérimentation 5. Les compétences PIX 6. Bibliographie

Une équipe /un territoire

Benjamin BONHOMME, Lycée Jacques Cartier Saint-MalOIsabelle BOUCHER, Collège Nelson Mandela, PlabennecOlivier MAUNAYE, Collège Gérard de Nerval, Vitré Marie-Françoise BESANÇON-FRÉNOT, Collège Noël du Fail Guichen et Lycée Jean Brito, Bain-de-Bretagne Hervé QUÉAU, Lycée Eugène Freyssinet, Saint-Brieuc Marie ROUSSEAU, Lycée Jean Guéhenno, Fougères

La plasticité de la salle d’Arts plastiques

Le projet TraAM interroge la plasticité de la salle d’Arts plastiques. Elle a en effet ce caractère intrinsèque de pouvoir se modeler et se transformer selon la pratique artistique. Dans le cadre de l'enseignement en collège et en lycée : l'organisation modulable de la classe est pensée et les élèves la construisent, la modifient afin de donner forme à leurs intentions. Qu'ils souhaitent travailler, au mur, debout, à distance, assis, allongés,... la posture adoptée permet de développer le geste artistique et donne sens à la matérialité de leur projet.

La salle d’arts plastiques est un lieu dans l’établissement scolaire autonome et hybride. Celui-ci vise à une porosité avec les autres enseignements et permet aux élèves d’être en situation de pratique. La posture et le geste artistique sont mobilisés dans une classe qui s’adapte et se construit avec eux et par eux. La disponibilité et l’accessibilité au matériel constituent un enjeu majeur d’apprentissages et de construction des apprentissages dans le parcours de l’élève. La réflexion est également à porter sur l’organisation de la salle par l’utilisation de croquis, schémas et de plans permettant de visualiser et d’appréhender l’espace. La visualisation des travaux permet aussi de modifier et de construire l’espace d’accrochage.

Le projet a permis de travailler du cycle 3 au cycle terminal, des enjeux tant de représentation, que d’imagination, d’appropriation, de construction, de déplacements du lieu et de l’espace de la salle d’arts plastiques. Un parcours M@gistère vient accompagner le travail et constitue une mémoire des recherches menées. Lors de la première réunion, une visioconférence a été organisée avec Maurice Mazalto, auteur de l’ouvrage « Concevoir des espaces scolaires pour le bien-être et la réussite ». Cet entretien a permis de construire la progression du travail de l’année.

Les prolongements de recherches constituent le questionnement autour des extensions possibles de la salle d'arts plastiques dans les autres espaces de l’établissement. Des textes théoriques seront également proposés permettant une approche critique et réflexive de la problématique de travail sur les lieux et les réemplois, les lumières architecturales, les espaces de projection, les traces et l’histoire des espaces, le transitoire.

Exemple Ecole Le Blé en Herbe Trébédan : Matali CRASSET

L’école « Le blé en herbe » : projet de Matali Crasset

Espace de générosité

Textes théoriques

Hervé Quéau"Le réemploi en architecture"

Il est courant dans les arts plastiques d’évoquer le ré-emploi des matériaux et des objets. La pratique artistique leur propose une deuxième vie bien souvent plus complexe que la première. Dans le domaine de l’architecture la démarche du ré-emploi reste, cependant en France, timide, confidentielle voire controversée. Elle est néanmoins, selon moi, riche et féconde car elle obéi à des préoccupations qui ne sont pas qu’économiques mais également esthétiques, environnementales et symboliques. S’y intéresser pourrait être l’occasion d’explorations pédagogiques transversales dans l’optique, notamment, de l’éducation à l’environnement. Je vous propose quelques pistes d’analyses au travers de l’étude d’exemples concrets et d’une sélection synthétique de réflexions parues dans le catalogue de l’exposition « Matière Grise » (Pavillon de l’Arsenal, Paris 2014) Le réemploi en architecture Hervé Quéau (enseignant d'Arts Plastiques, lycée Freyssinet, Saint-Brieuc) « L’épuisement des ressources, l’accumulation des déchets, l’explosion des prix des matières premières et des inégalités, interrogent les conditions de production de l’architecture. Il convient dès à présent d’adapter l’architecture et ses matrices de pensée à ces enjeux et de former les futurs architectes à y apporter des réponses. Le réemploi des matériaux est une de ces réponses : la plus évidente, la plus simple à mettre en œuvre et la moins onéreuse. La réutilisation et le réemploi ont été mobilisés par de grands architectes contemporains. Le contexte économique, social et environnemental d'urgence climatique actuel invite plus que jamais à étudier leurs œuvres pour mieux s’en inspirer, s’en emparer et redéployer l’acte même de « construire » aujourd’hui.

1. L’histoire Dans les églises romanes, déjà, nombreux sont les exemples de réemploi de fragments d’architecture antique. Trouvées dans des ruines proches, des grandes pierres taillées, des chapiteaux romains, des troncs de colonnes, etc. étaient réemployés voire réutilisés tels quels. Il s’agissait essentiellement, d’économiser du temps et de l’argent. Dès le début du XXe siècle, des voix s'élèvent pour s'alarmer de notre mode de vie trop dispendieux en énergie . Ecoutons T.Roosvelt, président des États-Unis, 1907 "L'optimisme est une très bonne chose, mais s'il est poussé à l'excès, il devient sottise. Nous pensons que les ressources de notre pays sont inépuisables: ce n'est pas le cas. Nos richesses minières, le charbon, le fer, le pétrole, le gaz et les autres matières premières ne sont pas renouvelables. Il est donc certain quelles seront à terme épuisées. Et vu la manière dont nous les gaspillons aujourd'hui, nos descendant connaîtront leur épuisement une génération ou deux plus tôt que prévu." Pour mettre au point des solutions nouvelles en architecture il faut attendre l’immédiat après-guerre, les pénuries de tous ordres, le besoin de main d’œuvre pour reconstruire le pays, l’afflux de réfugiés, mais aussi l’exode rural et l’essor des villes. S’opposent, l’habitat léger et participatif des « maisons des jours heureux » de l’abbé Pierre et les « grands ensembles » faisant appel à la préfabrication lourde, à une main d’œuvre déqualifiée et produisant une architecture répétitive et regrettable à maints les égards. Mais c'est véritablement à partir des années 70 que la problématique environnementale émerge : pollution, raréfaction des ressources, hausse du prix du pétrole entraînant une forte hausse des coûts de construction, etc. Aujourd’hui, nos sociétés contemporaines sont confrontées non seulement à la rareté de certaines ressources (épuisement du minerai de cuivre dans 30 ans, par exemple, extraction de plus en plus difficile du sable destiné à la construction, etc.) mais aussi au traitement très insuffisant des déchets qui menace chaque jour davantage écosystèmes et biodiversité. En outre, l’explosion des inégalités sociales et le maintien dans la pauvreté d’une énorme partie de l’humanité interpellent toujours davantage le monde de l’architecture. La réutilisation et le réemploi peuvent permettre une architecture soutenable pour tous.

2. Le réemploi par des grands architectes contemporains sur les plans techniques, fonctionnels et esthétique Nous allons les étudier chez Jean Prouvé, pour sa maison personnelle à Nancy, en 1954, dans le bâtiment de l’académie Fratellini, à St-Denis, 1999 réalisé par P.Bouchain et M.Ricard et dans l’immeuble du conseil de l’Europe de P.Samyn, Bruxelles 2000-2005. a) la maison personnelle de J.Prouvé à Nancy, 1954 Jean Prouvé (1901-1984), ferronnier d’art de formation, a œuvré dans l’idée de l’« art pour tous ». La construction de sa maison correspond au besoin précipité de loger sa famille, lorsque Jean Prouvé mis sur la touche professionnellement se décida à quitter son entreprise (où il était devenu minoritaire à la suite de son rachat par L’Aluminium français). En 1953, il acquiert un terrain très pentu, bon marché et réputé inconstructible à Maxéville à côté de son ancienne entreprise On accède à sa maison à pied, depuis le bas du terrain. L’édifice prend place sur un étroit arasement de la colline, long de 27 m et large de quelques mètres seulement. Le terrain n'étant pas très stable, la construction devait être légère. Jean Prouvé appelait sa maison « le wagon ». En effet, une fine charpente en bois lamellé-collé formait une surface très légèrement cintrée recouverte d’un matériau étanche, coiffant les pièces disposées en enfilade. Des rangements étaient adossés au mur du fond, dans la partie la moins lumineuse de la maison, sorte de long couloir desservant toutes les pièces. On distingue trois parties enchaînées: - La première contient les chambres à coucher. De dimensions modestes, elles ne pouvaient contenir que le strict minimum pour des écoliers et même la chambre des parents était petite selon nos standards actuels. - Dans la deuxième partie, la plus épaisse, se trouve le vaste séjour où des baies vitrées intégrales et ouvrables exposées sud-est, dispensent une vue généreuse sur la plaine de Nancy à travers les arbres en contrebas. - La cuisine et les pièces techniques occupent la dernière partie. L’entrée, protégée par l’avancée de la toiture s'opère au niveau du volume du séjour. La maison a été réalisée en trois mois. L’essentiel des éléments de la construction provient des stocks et rebuts de la propre entreprise de Jean Prouvé qu'il détourne et réutilise: les chambres de la maison disposent des célèbres panneaux à hublots (éléments conçus pour d'autres usages) et de fenêtres équipées d’un mécanisme de volets à contrepoids coulissant dans l’épaisseur-même de l’enveloppe, à la manière d’une guillotine inversée (comme dans un train de l'époque). Des poutres métalliques sont elles aussi récupérées et retaillées sur place.

Cette maison témoigne de la démarche créative de Jean Prouvé, ennemi du formalisme et adepte de la justesse des matériaux et des procédés (en "constructeur" comme il se définira lui-même dans ses cours au CNAM). b) L'académie Fratellini de P.Bouchain et de L.Julienne, à St-Denis, 2004 Les travaux ont débuté en 2002 et se sont terminés en 2003. Il s'agit d'un grand bâtiment: en tout 8000 m² de tôles et 950 m³ de bois pour 5500 m² de bâti ont été mobilisés pour un budget de 3 millions d’euros. L’Académie se trouve sur un ancien terrain industriel reconverti en parking pour la coupe du monde de football et abandonné par les pouvoirs publics depuis. D’un côté des voies de chemin de fer et de l’autre des logements, des bureaux et un parc. Sur une superficie de 2 hectares, les bâtiments sont dispersés comme un campement, autour d’un hangar avec charpente en bois formant la halle. L’occupation du terrain était annoncée “à titre provisoire”. Le but était d’avoir le moins d’ancrage possible dans le sol. Dès lors, les constructions sont posées à même le sol sur l’asphalte de l’espace public. Le bois, utilisé comme matériau principal, convenait pour cette architecture volontairement économe et modeste, respectueuse des critères du développement durable, et dans l’esprit semi-nomade... Le projet participe on l’a dit d’une stratégie du transitoire, du provisoire et du recyclage : - récupération des fossés formant bassin d’orage et des talus existants peu à peu reconquis par la végétation, - protection de la végétation de reconquête naturelle déjà en place, - récupération des tôles de bardage de teinte bronze, aluminium et champagne, refusées sur le chantier de l’extension d’Eurodisney, - utilisation de troncs écorcés et de lamellés-collés non rabotés (...) Le premier volume, la Halle, est de 550 m² et de 7 mètres de haut. Il se calque sur les traces de deux anciens entrepôts industriels, de manière à conserver la mémoire du site. Cet espace, utilisable seul ou en connexion avec le chapiteau (Altaïr), peut accueillir expositions, conférences, déjeuners, cocktails... Il sert aussi d’espace de desserte d’un second volume reprenant les salles de classe, l’administration, l’accueil, les cuisines, les ateliers... La charpente de bois en lamellé-collé non raboté est baignée de lumière grâce à son enveloppe de pleins (tôles) et de transparents (plaques de PVC). Toute l'œuvre immense de Patrick Bouchain tourne autour des idées de transitoire, de réemploi mais également de participation allant jusqu'à la co-conception avec les gens habitant le lieu de l'intervention architecturale. ( cf; rétrospective P.Bouchain au Frac Orléans en 2017)

c) Le bâtiment du conseil de l'Europe de P.Samyn à Bruxelles, 2015 Pour le nouveau siège du Conseil de l'Union européenne, projet considérable où les notions de sobriété et d'économies étaient totalement absentes (53800 m² de super structures, 17000 d'infrastructures pour un budget de 240 millions d'euros), Philipe Samyn imagine une sur-façade composée de vieilles fenêtres en chêne collectées dans les différents états membres. La face extérieure de cette nouvelle façade assure un tampon acoustique vis à vis du bruit de la circulation et fournit une première isolation thermique pour l'espace intérieur tempéré de l'atrium. L’architecte entend d’une part s’emparer des recommandations Européennes en matière d'énergie et d’autre part les porter plus loin encore vers le réemploi. Il s'agissait, de faire passer le message qu’un grand nombre de fenêtres de bâtiments anciens à travers l'Europe étaient obsolètes et que des millions de pourtant encore bons châssis en bois devaient être remplacés par des nouveaux plus isolants à double ou triple vitrages. Cependant, le message était également de dire que le réemploi des vieilles fenêtres pouvait avoir des usages multiples : techniques, esthétiques, symboliques… 3) L’acte de construire aujourd’hui. Pour cette partie, j’ai opéré une sélection des notions qui me semblaient essentielles dans le catalogue de l'exposition "Matière grise" du pavillon de l'Arsenal, Paris 2014, rassemblant soixante-quinze projets, réunis par la mise en œuvre architecturale de la substance déjà usée. D’emblée, l’ouvrage précise que «Réemployer revient à considérer que les matières premières ne sont plus sous nos pieds ou à l’autre bout du monde mais dans nos villes, nos bâtiments, nos infrastructures. Cela revient aussi à considérer la matière présente non plus comme un déchet à évacuer le plus loin possible, mais comme un capital à valoriser et à préserver. Toute une chaîne de production et de savoir-faire doit donc être réinventée ou adaptée. Certains architectes formulent l’hypothèse que ce nouveau regard porté sur la matière génère et générera une nouvelle approche de l’architecture et de la construction. L’ingéniosité ne sera plus uniquement celle du dessin sur la page blanche mais la capacité et l’opportunité de faire avec ce qui est là.»

L’ouvrage fait également très utilement la différence entre réutilisation et réemploi. Tout est essentiellement une question de degré: -réutiliser c’est reprendre, par exemple, une porte dans un bâtiment en voie de déconstruction pour la replacer dans un autre bâtiment en tant que porte avec le minimum d’interventions, de modifications, avec très peu de dépense nouvelle d’énergie et très peu de perte de « l’information originale ». La réemployer pourrait être de la modifier en profondeur (travail de menuiserie) ou de s’en servir à un autre usage (plateau de table, cloison séparative, etc.) nécessitant de l’énergie et impliquant une certaine perte de « l’information initiale ». Le recyclage (appelé improprement par les industriels « économie circulaire » ) devrait être le dernier recours du cycle de vie car très souvent synonyme d’empreinte écologique élevée. L’intérêt de l’ouvrage et des projets qu'il présente est d’ interroger l’acte de construire lui-même et plus largement l’architecture aujourd’hui. En effet, « le matériau (est interrogé comme) comme une stratégie; non pas à la manière d'un catalogue raisonné du prêt à construire, mais avec une attention renouvelée à sa durabilité. L’aspiration des mégapoles au « zéro déchet », conjuguée à l’épuisement annoncé des ressources, engage un nouveau paradigme, amputé de ses extrémités (c'est à dire: sans capacité d’extraction ni volonté d’enfouissement), le cycle de la matière a la nécessité de réinventer l’équation du BTP. Pierre, verre, fer, béton, produits chimiques ou composites : chaque invention technique ou technologique a initié ou accompagné des mutations urbaines profondes, des théories architecturales innovantes et porté les idéaux de son époque. Aujourd’hui, la trilogie mine/matière/ merlon n’est plus l’équation souhaitée. Outre les réhabilitations ou reconversions du bâti, dont les vertus sont acquises et théorisées depuis la fin du XXe siècle, outre les avancées chimiques, mécaniques et organiques capables de fondre, concasser, remouler pour recycler, il faut réemployer. L’objet de seconde main, « qu’on ne trouve nulle part ailleurs, démodé, fragmenté, inutilisable, presque incompréhensible, pervers au sens où [André Breton] l’entend et l’aime », offre un potentiel sous-exploité. (…) Les stimuli du temps offrent cette puissance conceptuelle susceptible de dialoguer avec la société. Une chose peut être faite d’une autre, voire de diverses autres choses, et l’architecture n’échappe pas à la règle. Elle tire même assez souvent, et depuis fort longtemps, son ressort d’un tel emprunt à des matières œuvrées. Les exemples sont d'ores et déjà nombreux: Niclas Dünnebacke, la Passerelle, logements temporaires, Saint-Denis, 2013 Jean Pierre Le Bail, deux Batisses pour les Bâtisseurs d'Emmaüs, Aubervilliers, 2012 Studio 804, Springfield House, Kansas-city, 2009

ENSA PAris-Belleville, l'architecture au temps des dérèglements, Montreuil, 2004 P.Bouchain, le lieu Unique, Nantes, 1999 Ces pratiques réinterprètent voire réinventent la filière du BTP. Cela nécessite à la fois de modifier les modes de conception, de commande, …En célébrant l’inventivité, le réemploi remet l’architecte au centre du cycle de la matière, y compris sur le chantier. Dépourvu de ses codes, de ses classifications normatives, de ses prescriptions d’application, le déjà-là invite à s’affranchir des fourches caudines dont l’architecture s’est lentement rendue prisonnière. Les choix, constructif et matériel, procèdent par sérendipité, la créative en ressort augmentée, libérée. Conclusion Ces nouvelles démarches, toutes vertueuses soient-elles, ne permettront pas de faire face à la demande croissante de matériaux (par exemple, même si l'on construisait tous les nouveaux bâtiments à base de matériaux ré-utilisés-employés ou recyclés, il faudrait vraiment contrôler et limiter drastiquement l'extension des voiries les desservant pour conserver une empreinte écologique soutenable à terme). Une meilleure stratégie serait à nos yeux de re-penser plus globalement notre mode de vie pour interroger en amont toute la pertinence de nos actions. Consommer plus de matière grise pour consommer et gaspiller moins de matières premières... Pour les auteurs de l'ouvrage: "L'expression "matière grise" peut s’entendre dans un double sens. Elle pourrait se résumer par l’idée de consommer plus de matière grise pour engendrer moins de matières grises. Ce passage du singulier au pluriel distingue les deux significations que nous prêtons à cette expression. Moins de matières grises, c’est moins de tout ce qui constitue la face cachée de la matière. Moins d’énergie pour extraire, transformer, transporter et mettre en œuvre la matière, c’est diminuer également ce que l’on appelle l’énergie grise. Moins de pollutions, de rejets et de déchets, c’est aussi réduire l’entropie inéluctable de la matière, c’est retarder son devenir gris, symbole d’abandon et de dédain. Plus de matière grise, c’est plus de conscience, de lucidité, d’invention et de créativité pour un usage responsable de la matière. C’est miser sur la pluralité des intelligences qui façonnent le rapport au monde car, si les ressources terrestres sont finies, les ressources intellectuelles semblent infinies. Au cours du siècle dernier, l’humanité n’a jamais consommé tant de matière au moment même où elle accumulait d’immenses savoirs. Et si dès maintenant elle les consommait et mettait en œuvre sans retenue?" Référence : catalogue de l’exposition « Matière grise » du pavillon de l’arsenal Paris, dépôt légal: octobre 2014 ISBN 978-2-35487-026-3

Isabelle Boucher "Lumières de l'espace"

Lumière qui es-tu ? D’où viens-tu ? Que montres-tu ? Après quelques années d’enseignement dans une salle de plain-pied, orientée au nord avec pare soleil, face à une cour parfois chargée d’une pluie fine ou de plus en plus drue, avec un usage régulier de rideaux occultant afin de faciliter la projection d’images dans les meilleures conditions ou d’éviter les jeux des regards vers les élèves en cours d’EPS sur la cour ou vers ceux rangeant leur sacs sur les portants au ras des fenêtres, je me suis questionnée sur le manque de lumière naturelle et le besoin de solliciter un éclairage artificiel apportant une lumière suffisante dans la salle de cours. A un moment donné j’ai eu la sensation d’être plongée dans un paysage monochrome et de manquer de luminosité, même si le clocher à l’horizon me rappelait qu’il y avait un ciel et que le passage des nuages me permettait d’apprécier alors ses variations chromatiques. Je me suis donc posée la question de la place de la lumière dans la salle de cours d’arts-plastiques, de ce qu’elle apportait, de ce qu’elle montrait, de ce qu’elle pouvait inspirer si les élèves partaient à sa recherche. Pour cela je me suis concentrée sur quelques œuvres appréciées lors de visites d’expositions. J’ai aussi interrogé deux artistes sur l’éclairage de leur atelier, sur ce que la lumière pouvait provoquer, ou influencer. La lumière nous montre les choses grâce à la vue mais elle a aussi une symbolique puissante que de nombreux artistes cherchent à présenter de manière à comprendre le monde qui nous entoure. Quelques images d’œuvres retenues de mes pérégrinations viennent appuyer ce besoin de lumière et me servent à guider les élèves dans leurs recherches sur « ce que montre la lumière ». - Lors de l’exposition au musée Marmottant «Peindre l’impossible Hodler-Monet-Munch» l’étude des variations de lumière et de couleurs dans les peintures supplantent même le motif. Ces artistes ne cherchent plus à représenter la réalité mais leurs impressions ou même « peindre l’impossible» comme le reflet de la lumière sur la neige, sur l’eau, sur la roche, pratiques qui conduiront les artistes du XXème siècle à l’abstraction. Edvard Munch « Avenue sous la neige » 1906 Pierre Soulages peinture 640x452 cm

- Une autre recherche sur la lumière, celle de Pierre Soulages sur l’«outre noir» et la lumière reflétée par le noir, sur ses vitraux de l’abbatiale de Conques pour laquelle il a recherché (avec l’aide des laboratoires de recherches de St Gobain) un verre à transmission à la fois diffuse et modulée de la lumière, un verre blanc qui montre les couleurs de la lumière et un verre fait également pour une vue de l’extérieur. Œuvres que l’on appréhende en fonction de notre présence et de l’instant même où nous les regardons. Il s’agit alors d’encourager les élèves à chercher la lumière, à être présents à ses effets et essayer de les traduire. - L’installation Untitled(Skyline) 2007 de Kader Attia découverte au musée d’art contemporain de Sérignan en juillet 2018 renforce notre interrogation sur le progrès grâce à la lumière projetée vers un espace saturé de réfrigérateurs recouverts de tesselles de miroir. Ces formes en hauteur scintillent à la moindre lumière à la manière des tours de verre et d’acier des nouvelles citées : symbole de l’opulence renforcée par les réfrigérateurs en lien avec la société de consommation qui contrôle à sa manière les individus. Lumière donc sur nos styles de vie…et le ressenti des élèves. Kader Attia (né en 1970) Siège de la Norddeutsche Landesbank Hanovre Installation 2007/ 2018 conçu par Behnisch Architekten 2002 Ces œuvres confirment que nous pouvons convier au sein de la salle de cours la lumière de tous les possibles et nous laisser enchanter que ce soit par la « Nuit étoilée » 2012 de Lee Eunyol, celle de Vincent Van Gogh ou par les réalisations des collégiens. Lee Eunyol, Nuit étoilée, 2012 Vincent Van Gogh, Nuit étoilée 1889

« L’artiste Lee Eunyol réinvente jardins et déserts en les illuminant. Il s’agit d’un travail poétique, mais aussi réflexif sur le monde que nous habitons et la façon de l’enchanter» Manuela De Barros... Là-dessus les élèves ont sûrement quelques idées à nous communiquer. Plus d’infos: http://www.ednm.fr/leurslumieres/?page_id=299 - La lumière peut aussi être vue comme matériau de l’œuvre dans le travail de James Turrell (Musée d’Arts de Nantes - 1 juin-2 sept 2018) qui présente la lumière comme un espace de pure sensibilité. D’emblée l’on peut comprendre que ce n’est pas un travail facilement perceptible sur une image projetée en classe via le vidéoprojecteur, son travail en direct nous permet pourtant de voir plus loin que la surface des choses. Il s’agit alors d’inviter les élèves à comprendre l’engament et la démarche de l’artiste. L’art de Turrell est à voir comme une quête artistique, ses œuvres matérialisant et rendant perceptibles la lumière et l’espace pour construire une rencontre entre le corps et l’esprit. + infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Turrell Awakening (éveil) 2006 présentation au musée d'arts de Nantes 2018 plexiglas / néons 306,5 x 206,5 x 70 cm - Et la lumière de l’atelier? Réponses de Marie Michèle Lucas et Dominique Jézéquel, artistes brestois : « La lumière à l’atelier se présente de différentes façons, elle peut être électrique par points ciblés avec des ampoules ordinaires ou par néons installés au plafond pour englober tout l’espace, elle peut venir du dehors par les grandes et hautes fenêtres du Nord ou plus diffuse par la vitrine. Si je peux, j’utilise la lumière naturelle, Mon atelier est orienté Nord Sud et les 2 fenêtres qui donnent sur la courette sont au Nord, c’est parfait, elles donnent une lumière stable, égale, blanche, reconnaissable, peu sujette aux variations diurnes ou saisonnières du soleil. Même en jour gris, la lumière reste blanche, je peux compter sur sa stabilité pour travailler les noirs des dessins. Les arrivées de lumière du jour depuis les baies ouvertes au Sud sont neutralisées sur une partie ou calmées par un matériau qui diffuse la lumière sur l’autre partie (à l’origine, dans les ateliers de gravure, on disposait d’un écran de calque sur les ouvertures pour empêcher qu’une lumière trop vive n’atteigne le métal réfléchissant). Je l’ai décidé ce dispositif ainsi pour m’isoler de la rue passante et des lumières trop variantes. Le petit endroit avec la vitre semi-opaque accompagnée d’un point de lumière électrique à ampoule est le coin de la gravure. Il est doux et chaud,

L’été est ainsi : les 2 fenêtres du Nord sont grandes ouvertes, les huisseries enlèvent de l’intensité à la lumière, alors, fenêtres ouvertes c’est mieux ! Je travaille au dessin par grandes séquences de 3-4h, après, je quitte l’atelier pour trouver les lumières et les couleurs de la vie du dehors, toutes de variations celles-là ! Le temps du travail est comme un bloc hors du temps, (c’est la fatigue et la faim qui me servent d’horloge) avec cette même densité de lumière tout le temps, Je compose avec différents gris et noirs. Le blanc s’exprime dans le papier, il doit lui aussi être en phase avec la lumière naturelle pour être choisi puis dessiné. C’est l’été que j’aime déployer les dessins sur grandes surfaces. Le temps du dessin est exclusif, dense, je cherche les finesses de couleur dans les gris et noirs ! À l’écrire ainsi, je me dis que c’est austère, mais je n’ai pas du tout cette sensation quand j’y suis. Au contraire, j’ai l’impression d’une fête de gris colorés et de noirs plus ou moins profonds et de jubilation devant les blancs variés du papier. Parfois et c’est plutôt l’hiver, ce temps de peu de jour, de peu de lumière, l’atelier devient l’antre de l’alchimiste, la grotte de la sorcière… j’aime bien faire de la gravure dans la lumière jaune des ampoules électriques, protégée du dehors, soumise aux profondeurs des noirs. En ce cas, pas de grands dessins, je me mets à la gravure, l’atelier est bien chauffé alors c’est comme si je m’y calfeutrais, je me mets un tablier qui me protège des noirs d’encre et restreint mes mouvements à la station debout (lors des grands dessins d’été, je travaille au sol, je bouge autour de ma feuille) et je plonge les mains dans les pâtes noires. J’aime alors évoluer dans les noirs d’encre. La gravure en creux passe par une plaque toute couverte de noir que peu à peu on essuie pour laisser le motif se révéler.je songe souvent à cette expression œuvre au noir. L’éclairage se pose alors sur les points d’encrage, d’essuyage et de préparation du papier. Quand quelques estampes sont sorties (après la passe d’essais et d’échecs), je vais à la lumière du jour voir ce qui est sorti de la presse. Il y a encore un autre temps dans l’atelier : un point ou deux de lumière électrique, c’est aussi l’automne ou l’hiver et il y a quelque chose de l’engourdissement, de la rêverie, de la flânerie. Je viens à l’atelier et je ne fais rien, le regard erre d’ici à là, les pensées émergent puis disparaissent, je bois du thé, je taille des crayons ou bien j’écoute radio, parfois juste un petit dessin, une gouache (surtout si tout cela est déjà mis en route et qu’il n’y a qu’à exécuter). Je suis à l’atelier comme on va se réfugier dans un endroit secret. Temps de rien, temps sans décision. Alors, dans ce rapport à la nuit avec un petit point de lumière tel une bougie, temps d’arrêt, temps léger, temps de maturation. En fait, il y a vraiment plusieurs sortes d’éclairage à l’atelier, peut-être est-ce cela la lumière, la ressentir et guider son activité en résonance avec elle. Marie Michèle Lucas http://www.marie-michele-lucas.fr/blog/index.php « Je travaille dans une pièce exposée à la lumière du nord, l'écran perpendiculaire à la fenêtre, de manière à ne pas être gêné par les reflets. Pour la peinture je travaillais dans la même pièce sur un mur qui avait la même orientation ». Dominique Jézéquel http://www.dominiquejezequel.fr/ Je retiens enfin une réflexion d’Anne Poirier qui remarquait en parlant de la mise en scène de Jules César de Händel : « on avait à notre disposition des gens… qui sont des éclairagistes fantastiques… qui permettent de créer une atmosphère de rêve ». https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/anne-et-patrick-poirier-notre-oeuvre-est-completement-commune

Benjamin Bonhomme"Espaces de projection"

Marie Rousseau "Géographies : dessiner le monde"

S’élever. Prendre de la hauteur et englober le monde. Capter l’espace afin de le saisir. L’enseignement des arts plastiques permet à l’élève de traduire les représentations du monde qu’il appréhende par la pratique artistique, par le faire et ainsi de le comprendre et d’apprendre. Les processus se traduisent par l’assemblage du monde, le fait de dessiner des frontières, la possibilité de créer des histoires cartographiques, la dichotomie de la géographie en tant que provisoire et du territoire comme transitoire, afin de faire et produire le monde. Les programmes d’enseignement viennent conférer une place prépondérante à la question de la représentation du monde. En effet, la référence au réel est constante et vise à l’appropriation pour donner du sens et ainsi expliciter et énoncer. Les gestes de circonscrire, de délimiter, de tracer, de dessiner, de faire, de créer, de fabriquer, de produire, de façonner permettent d’être au monde.

Les références au programmes permettent de contextualiser et de problématiser les enjeux liés à la question de la géographie et de la représentation du monde.En collège :

En lycée : nouveaux programmes en vigueur à la rentrée 2019

En lycée : nouveaux programmes en vigueur à la rentrée 2019

1. Emprunter, assembler, mesurer et faire le monde :

La première œuvre qui emprunte le monde est celle de Richard LONG intitulée A line made by walking de 1967. L’artiste arpente, marche, se déplace, appréhende et garde trace sa déambulation par le prisme de la photographie. La démarche renvoie à la notion de « piéton planétaire » énoncée par Thierry Davila. « Le voyage (comme la marche) est le substitut des légendes qui ouvraient l’espace à de l’autre […]. Ce que produit cet exil marcheur, c’est très précisément le légendaire qui manque à présent dans le lieu proche; c‘est une fiction… » : Michel de Certeau, L’invention du quotidien 1, Arts de faire, Paris, Gallimard, 1990, p. 153-154.

L’œuvre The Green Line, « Sometimes doing something poetic can become political and sometimes doing something political can become poetic » de Francis ALŸS entre en résonance. Le 4 et 5 juin 2004, l’artiste arpente Jérusalem et traverse la ville du sud au nord afin de matérialiser la frontière aujourd’hui gommée. Chemin faisant apparaît le monde comme fable (Mundus est Fabula) (Descartes)

La série Street Views, Patchwork de Julien LEVESQUE a été réalisée entre 2009 et 2017 qui permet de voir le paysage évoluer au fur et à mesure du temps. Elle est composée de douze tableaux photographiques presque organiques et réalisées à partir des données de Google. Les paysages sont composés comme des palimpsestes car composés par plusieurs lieux et reconstruits virtuellement. Les paysages utopiques restent chroniques. Le temps et l’espace sont des enjeux préhensibles dans l’œuvre et permettent de réinventer le monde.

L’œuvre algorithmique de Michael HANSMEYER & Benjamin DILLENBURGER oscille entre sculpture et architecture. En effet, Grotto II, Digital Grotesque de 2017 a été réalisée par la reproduction du mécanisme de division des cellules au sein des organismes vivants. L’œuvre se donne à voir et à toucher, la dimension sensible et haptique vient créer un environnement englobant. Geometry of Space (La Géométrie de l’espace) est une œuvre du duo Joana HADJITHOMAS et Khalil JOREIGE en 2014. Cette sphère de 80 centimètres qui dessine une histoire du monde montrant la circulation des courriers électroniques.

Alighiero BOETTI, Mappa, 1971-1994. Au travers de la série Mappa, se traduit les diverses représentations du monde réalisées par l’artiste. Figure paradigmatique de l’Arte Povera, Alighiero Boetti va confier à des brodeuses afghanes le travail méticuleux des évolutions cartographiques et géopolitiques du monde. Chaque pays est représenté avec un drapeau brodé. Ainsi, les frontières sont redessinées et reconsidérées par l’homme lui-même qui les a créées. La série est constituée de plus de 150 cartes. Les brodeuses pouvaient choisir la couleur des mers. Chaque carte représente deux années de travail.

Dara BIRNBAUM, Computer Assisted Drawings : Proposal for Sony Corporation, 1992-2017, Drawings on Plexiglas in custom aluminum frames. Sixteen Parts, each set of four : 92,7 x 40 x 3 cm. Le prélèvement du monde est perceptible au travers de la transparence du support. A l’instar de fenêtres ouvertes, le spectateur est invité à découvrir la storia, une histoire du monde.

2. Geographein : dessiner le monde et les frontières :

Gérard de Cremere dit MERCATOR, Carte du Monde, 1587. Cartographier, c’est faire des signes des espaces. Mercator fera apparaître dans sa carte du monde une traduction qui prend en compte les découvertes progressives réalisées par les explorateurs. Il réalise sur des plaques de cuivre afin de pouvoir effectuer les modifications. Souvent complétée par des traductions imaginaires qui viennent compenser l’inconnu, la carte devient un objet hybride entre réalité et fiction.

Figurer la ville. Les artistes traduisent et cartographient les lieux et signifier une ville revient à faire un effet de focalisation sur un espace du monde. Cartographe novateur, et architecte de César Borgia, Léonard de VINCI réalise le Plan de la ville d’Imola en 1502, en réalisant une perspective iconographique, c’est-à-dire qu’il représente la ville vue d’en haut et non en élévation selon les codes de l’époque. La fidélité du réel laisse également des espaces d’appropriation artistique. Charles Édouard Jeanneret dit LE CORBUSIER édifie ses principes de conception afin de réaliser sa définition de la ville moderne qui est constituer de quatre fonctions : habiter, travailler, se cultiver et circuler. Chaque fonction est ainsi clairement identifiée dans le Plan de la nouvelle capitale Pendjab, Chandigarh dessiné en quatre jours en février 1951.

Les cartes magiques de Jerry GRETZINGER (2011) invitent au voyage que l’artiste nous donne à vivre. « Tout a commencé en 1963, par une espèce de griffonnage. J’ai simplement commencé à dessiner un rectangle. Puis, je l’ai hachuré. Puis j’ai dessiné d’autres rectangles à côté, et puis d’autres, et pour casser la monotonie, j’ai inséré des rivières, des gares... Cette esquisse est devenue une carte, qui représentait une ville avec des éléments naturels et quelques infrastructures. J’ai dessiné sur toute la feuille, et en arrivant au bord, je me suis demandé ce qu’il fallait faire… Prendre une autre feuille de papier et poursuivre le dessin de ce monde que je commençais à créer ? La deuxième feuille fut bien vite remplie, ainsi que la troisième et la quatrième… J’ai ainsi réalisé, petit à petit, que ceci pouvait bien être l’œuvre de ma vie. » « J’étais fasciné par les formes et les symboles, par ces autoroutes sans fin qui se déroulaient comme d’immenses tapis sur des milliers de kilomètres pour que les océans puissent se “donner la main”. Je ne me lassais pas d’admirer la structure des villes, leur configuration. Sur ces cartes, il m’arrivait souvent de redessiner à la main les infrastructures routières, de recolorer certains éléments... J’interprétais la carte à ma manière. Tout cela me précipitait dans le monde du rêve. Je voyageais dans ma tête. »

« Entre 1963 et 1983, pendant une vingtaine d’années, je pense avoir passé en moyenne vingt minutes par jour sur cette carte ! Puis, je m’en suis désintéressé et j’ai arrêté de travailler sur ce projet, je l’ai rangé au grenier où elle a dormi dans la poussière pendant vingt autres années. Précisément jusqu’en 2003, date à laquelle mon fils Henry a mis la main dessus. Il a descendu la boîte et m’a demandé : “Hey dad ! C’est quoi ça ?” Du coup, je m’y suis remis. » « J’ai sans doute vu beaucoup de cartes dans ma vie, des cartes anciennes ou modernes, mais j’ai toujours essayé de ne jamais m’y référer, ni de les imiter. J’ai préféré créer un système qui me « dicte » la conduite à suivre pour créer la suite de la carte ; ça libère mon esprit pour mieux penser les formes et la sémiologie. Mes références à moi, ce sont les cartes (à jouer). » « Ma carte est un mélange entre la chance, la qualité de mon système/outil et ma manière d’interpréter les ordres. »

Richard HAMILTON, Cartes de Palestine, 2011, impression à jets d’encre EFI VUTEK sur toile, 220 x 345 cm, collection particulière. Figure emblématique du Pop Art, Richard Hamilton s’empare de la cartographie des territoires d’Israël et de la Palestine. Il va ainsi représenter un processus inscrit dans la temporalité et les évolutions politiques : la Palestine avant la fondation d'Israël ; les lignes du plan de partition des Nations Unies de 1947 ; la ligne d'armistice de Rhodes de 1949, dessinée après la guerre israélo-arabe de 1948; et les incursions israéliennes sur le territoire palestinien entre 1967 et 2008.

La remise d’une carte de cahier d’école par Robert Rauschenberg en 1960 constitue un déclencheur pour Jasper JOHNS qui réalise Map en 1961. La picturalité de l’œuvre se traduit par les coulures et les gouttes de peinture qui créent des reliefs et des rehauts matérialisant la perspective. La reconnaissance du contour des États-Unis se mêle à l’imaginaire de la matière.

Déplier le monde. L’architecte Richard BUCKMINSTER FULLER projette la surface de la terre sur un icosaèdre, un polyèdre régulier à 20 faces. En dépliant sa Carte Dymaxion du monde de 1954 qui est une impression sur papier et mesurant 24 x 39 cm, il va ainsi donner à voir des continents reliés et évoluant dans un même océan. Les couleurs permettent de figurer les zones de chaleur.

3. Histoires cartographiques :

Les histoires cartographiques permettent d’identifier et d’imager, de créer des narrations quant aux mouvements humains en créant du fictionnel dans le réel. Certaines œuvres interrogent la question des déplacements, des mouvements comme une série qui permet d’analyser et de prédire le futur en considérant les données. Par exemple, l’œuvre de Jan Willem TULP intitulée Travel Time (« temps de trajet »). L’œuvre consiste à matérialiser les rythmes de circulation routière au travers d’une visualisation de données interactives. http://tulpinteractive.com/traveltime/ Tel un réseau sanguin, nous observons la matérialisation des flux des données évoluer au fur et à mesure du temps. La Data Visualization crée des images séquentielles qui interrogent l’oscillation, le mouvement, le flux, la variation, la perception.

Aaron KOBLIN, Circuits de vol (Flight Patterns), 2005. Pour réaliser les cartographies, l’artiste utilise des données des trafics aériens en Amérique du Nord sur 24 heures. Ainsi, circonscrire et dessiner les déplacements permet de créer un schème rhizomatique et neurologique. Des narrations et des histoires se donnent à voir et traduisent la représentation de la vie humaine.

Le monde se donne à entendre dans l’œuvre d’Udo NOLL qui a créé Radio Aporee depuis 2006. Elle a été développée en application pour smartphone et peut s’écouter en ligne. Nous avons accès à une image satellite de l’emplacement exact du son réel de la captation. Ainsi, il se produit une appréhension sensible et aérienne de l’espace qui font écho aux situationnistes.

Le monde comme mémoire. Relever et révéler notre espace traduit ce qui nous identifie en tant qu’humain. Dans son œuvre The World from Memory, Emma KAY en 2003 va dessiner de mémoire la carte du monde. La notion d’écart est ainsi centrale. En effet, se souvenir traduit souvent la reconnaissance de ce qui est familier, de ce qui a été vécu. Mais il y a un écart entre la mémoire et l’expérience elle-même, ce qui est vécu est souvent représenté distordu, déformé; et des détails peuvent réapparaître comme précis. Cette mémoire parcellaire et même temps globale vient réaffirmer la représentation du monde.

Aram BARTHOLL, Dead Drops, 2010. « À une époque de dématérialisation massive des échanges sur la Toile et de multiplication de gadgets sans accès aux fichiers locaux, nous avons besoin de repenser la liberté des échanges de données au niveau local. » Dans son œuvre, l’artiste met à disposition des données dans des clés USB scellées dans les murs des espaces publics. Dead drops, « boîtes aux lettres mortes », désignent en langage d’espionnage les caches utilisés pour transmettre des messages, et dans l’œuvre c’est la disposition de documents divers : photographies, œuvres numériques, textes, films; ainsi qu’une localisation GPS. L’espace public se donne à découvrir, à transporter, à déposer, à partager. L’œuvre sculpturale Map d’Aram BARTHOLL en 2013 reprend le code de géolocalisation de Google Map pour s’ériger dans l’environnement. La localisation est donc réelle et renvoie à un système autotélique qui s’autoréférence. Ainsi, l’appréhension de l’espace se donne à voir dans sa dualité : réelle et numérique.

4. Géographies provisoires, territoires transitoires :

Guy DEBORD, Asger JORN, La Ville sans voiles, 1957. Dans cette carte, le titre renvoie au film policier de Jules Dassin The Naked City ( La Cité sans voiles). En partant d’un plan de Paris, Debord a découpé 19 fragments pour traduire un plan de paysage social révélant son concept de psychogéographie qui traduit les effets de l’environnement sur les émotions.

Richard LONG va, quant à lui, en tant que figure du Land Art, réaliser le tracé à l’encre sur une carte routière de sa Promenade de Cerne Abbas, 1975, parcours de 4,83 kilomètres et qu’il réalisa pendant six jours. Le dessin géographique traduit les données, les coordonnées et vient révéler la déambulation de l’artiste pour matérialiser son passage.

Dan MAJKA, Migration in Motion. Son travail pour l’organisation The Nature Conservacy l’a amené à cartographier et géographier la migration des animaux liée aux changements climatiques. 2954 espèces d’animaux sont ainsi répertoriés et classifiés en trois catégories : les mammifères, les oiseaux, les amphibiens. C’est ainsi qu’apparaissent les modifications de trajectoires des animaux liées aux transformations des paysages par l’homme. Laurent TIXADOR & Abraham POINCHEVAL, L’inconnu des grands horizons, (2002). Dans cette œuvre, les deux artistes ont exploré le territoire avec une boussole pour traverser la France et ils ont matérialisé leur déplacement sur une carte avec les points d’arrêts. Chaque déplacement est documenté par photographies et échanges : « Mercredi 18 décembre Metz, école des beaux-arts, 18h15. Arrivée triomphante d’Abraham Poincheval et Laurent Tixador, attendus avec impatience. Feu de détresse et champagne. Accueil chaleureux pour les marcheurs contents que cette expédition se termine – bien. Fin. » L’exposition proposée par 40mcube a permis de voir les traces de leurs mouvements géographiques et de la place de la marche comme problématique inhérente à leur pratique d’appréhension de l’espace et du monde.

Heather DEWEY-HAGBORG, Stranger Visions (East Hampton 7), 2012-2013 L’artiste récupère nos déchets organiques et biologiques tels que des chewing-gums, des mégots, des cheveux,… dans l’espace public pour en extraire de l’ADN et ainsi proposer des reconstructions faciales possibles des personnes anonymes. La collecte de ces données vent géographier nos déplacements, que laisse-t-on derrière nous, quelles traces de notre passage? Ainsi, ce qui nous semble anodin, vient nous identifier et les sculptures viennent réactiver un visage effacé et disparu. Des visions à la fois d’étrangers et étranges qui créent une forme d’humanité reconstruite. Dans l’espace d’exposition, elle positionne ce qui appartient à la personne « prélevée » dans une boîte à compartiments avec le lieu photographié et cartographié et l’objet prélevé.

Olafur ELIASSON, Carte de la lumière du jour, 2005 Pour matérialiser les fuseaux horaires, l’artiste utilise 24 néons dont l’allumage est lié au moment où les pays sont éclairés par la lumière du jour. La carte revoie au réel de la rotation de la Terre et la forme des néons aux frontières politiques des pays. La place de la lumière naturelle et la cartographie de sa présence ou non dans le monde fait écho à la lumière artificielle qui remplace son absence.

CLAIRE FONTAINE, France (Burnt/Unburnt), 2011 L’œuvre est une représentation cartographique de la France composée d’allumettes qui se traduit par la performance en ruines, en cendres. Le système a été répété pour d’autres pays. Le caractère provisoire de la notion de géographie et de territoire s’en trouve ainsi réaffirmé.

Mona HATOUM, Le Présent, 1996L’œuvre de Mona Hatoum est constituée de 2400 cubes de savon à l’huile d’olive provenant de Naplouse en Cisjordanie sur lesquels sont incrustés des billes de verre rouges qui signifient les territoires éclatés qui traduisent son intérêt pour la géographie, et également le caractère éphémère et évanescent des frontières. Un titre fragile qui aussitôt énoncé appartient au passé.

5. Appréhension sensible et aérienne de l’espace :

Claude PTOLÉMÉE, Carte du monde, redessinée en 1482. Sa géographie datant du IIe siècle permettait d’identifier les coordonnées de 8000 lieux. Il avait ainsi développé des principes mathématiques dessinant trois projections possibles notamment conique de la Terre.

Albrecht DÜRER, Carte du ciel austral, 1515. L’artiste s’appuie sur les travaux de Ptolémée dans l’Almageste qui cite les quarante-huit constellations et leurs coordonnées. Il va ainsi figurer ce qui est extérieur au monde, en dehors, mais comme si nous nous trouvions derrière. Sa carte constitue la synthèse de 2000 ans de recherches scientifiques aux croisements du monde.

Ai WEIWEI & Jacques HERZOG & Pierre de MEURON, Hansel & Gretel, 2017 , New York, Arsenal Park Avenue, 7 juin-6 août 2017. Dans cette œuvre, se dessine un paysage de surveillance où le spectateur se voit en train de voir car il prend conscience de la surveillance constante dans la ville. Devenu omniscient, il appréhende l’espace géographique mais également son propre corps en déplacement. Des caméras, des projecteurs et des capteurs sont ainsi présents mais non visibles. Les drones se déplacent et survolent les individus. L’installation vient révéler et les spectateurs peuvent se photographier avec leur double. L’enregistrement des mouvements laisse des traces blanches derrière les spectateurs qui tentent de fuir ou d’appréhender leur propre image.

L’œuvre de Vincent FOURNIER, Où sont nos souvenirs rangés, datant de 2016, est une impression 3D (SLS, Frittage sélectif par laser) en polyamide de 177 x 50 x 50 cm. Elle traduit le caractère immatériel des souvenirs et de connaissances et renvoie au cloud computing, espace de stockage des données. Afin d’appréhender l’espace, il faut pouvoir s’en souvenir et l’œuvre devient un espace mémoriel permettant de pallier à l’oubli. Il se crée une mise en abyme car il devient cartographique lui-même avec son propre système d’organisation et de signification. Mishka HENNER, Noordeinde Palace, The Hague, South Holland, 2011. Dans sa série, Mishka Henner utilise des photographies aériennes de sites masqués en recoloriant la pixellisation par les couleurs de camouflage. Il vient ainsi dissimuler un site déjà caché et qui par ailleurs tend à se donner à voir d’autant plus. En montrant ce qui est caché, il révèle les espaces et les lieux.

Les projets d'enseignement

“Des traces d’activité” Sollicitation : Prendre des photographies en gros plan de traces laissées au fil du temps par les activités des élèves dans la classe. Niveau: cinquième Déroulement: Les élèves démarrent la séquence en déplacement libre sans consigne supplémentaire pour laisser l’expérimentation la plus ouverte possible. À la fin de la séance, nous observons les résultats obtenus. Nous remarquons dans un premier temps que les recherches se sont concentrées sur les tables, alors que d’autres espaces et d’autres types de traces auraient pu être explorés.. Lors de la séance suivante, le champ de recherche s’étend : - Les sols, les murs, les fenêtres, d’autres mobiliers, divers appareils présents dans la salle,... - Les traces ne sont pas nécessairement celle de travaux, mais également d’usage comme des traces d’accrochage, de doigts sur les murs, de coulures accidentelles de peinture, de zones mal nettoyées, d’usure du matériel informatique, des restes de Balayures, etc.… Nous observons que certaines traces sont récentes et d’autres très anciennes. Nous compilons les photos obtenues effectuant des choix parmi celles présentant des aspects similaires.

Tâche finale :À partir de cet ensemble d’images, nous réfléchissons à une façon de les présenter. Une présentation sous forme de diaporama est choisie. La logique de succession de ces images dans le diaporama se base sur un parcours virtuel dans la classe, en imaginant ce que verrait « une mouche se promenant dans la salle ». Pour réaliser le diaporama, nous utilisons l’ application gratuite iMotion, qui permet un export direct en GIF ou en vidéo. Fin de la séquence: Les résultats obtenus sont présentés avec le vidéo projecteur. Les élèves observent les réalisations des autres groupes et débattent de la qualité des images, du parcours virtuel tel qu’il est perçu, et des effets visuels produits par la succession des plans.

Autres réalisations et verbalisation : Réalisation élève Elève : « l’image panoramique nous permet de voir plus » Prof : « et de faire le lien entre le collège et sa périphérie proche et lointaine, cela permet de lire les travaux d’urbanisation de la ville, de comprendre l’évolution d’une commune… » Réalisation élève image montrée : Sigmar Polke (1941-2010) (élèves sur la cour à travers les micro-trous du rideau occultant) Elève : « les trous apparaissent sur la photo alors qu’ils sont à peine visibles en vrai » Prof : « oui parfois en regardant de plus près et avec plus d’attention nous pouvons être surpris », « tout était là près de vous : ombre- lumière- élèves ». « Sigmar Polke reproduit dans ses œuvres des images préexistantes, en leur appliquant une trame photomécanique dont l’origine est à chercher dans la pratique de la sérigraphie et les moyens d’imprimerie. Il expérimente aussi la désintégration du motif en petits points, singeant le grain de l’impression mécanique. Il invite le spectateur à s’interroger sur le pouvoir de la représentation, de la fabrication des images avec des expérimentations sans cesse renouvelées ». https://www.fondationlouisvuitton.fr/fr/collection/artists/sigmar-polke.html

Suite : Retour sur expérience : Valoriser l’exposition 1 2 1-Réalisation collées sur les vitres de la salle d’arts-plastiques qui reflètent elles aussi le ciel. L’élève qui observe de l’extérieur, sur la cour, est donc entre ciel et ciel, ce qui est inhabituel. Cette installation invite à poser son regard sur les productions dans un espace habituellement dédié au jeu et à la détente. 2-Image présentée : Plaque de verre peinte à la main de la royal politechnic William Robert Hill 1860 expo Sublime les tremblements 2016. Cette image était projetée avec une « lanterne magique » afin de nous mettre face à des phénomènes naturels extraordinaires, de nous faire vivre des émotions face aux forces de la nature. Verbalisation : élève : « j’ai modifié la luminosité et les couleurs dans un but uniquement esthétique », prof : « oui , mais ton choix nous amène à réfléchir sur notre propre relation à la nature » , « tu sèmes le trouble car on peut aussi se demander ce qui va se passer si la nature , ici le ciel, se transforme de cette manière. Va-t-on à la catastrophe naturelle ? « Ta réponse « poétique » vient peut-être éveiller notre conscience écologique… que doit-on faire pour éviter les perturbations écologiques ? «L’affichage numérique de l’heure pourrait même être vu comme un compte à rebours afin de nous surprendre avec des possibles d’évolution du phénomène climatiques à 00 :00 ». Elève : « ça veut dire aussi qu’il y a des serres de tomates tout près » Prof : « un travail artistique peut nous donner des informations sur les habitudes maraichères d’une époque », « rappelez-vous l’image de « L’Angélus » -1858- de Millet

«L’affichage numérique de l’heure pourrait même être vu comme un compte à rebours afin de nous surprendre avec des possibles d’évolution du phénomène climatiques à 00 :00 ».Elève : « ça veut dire aussi qu’il y a des serres de tomates tout près » Prof : « un travail artistique peut nous donner des informations sur les habitudes maraichères d’une époque », « rappelez-vous l’image de « L’Angélus » -1858- de Millet La classe d’arts-plastiques : debout - assis - penchés - seul - en groupe - dedans – dehors – autonomie – conseils – volume – deux D – images numériques…

La plasticité de la salle d'arts plastiques questionnement aux quatre niveaux du collège et en seconde au lycée ''Montrez nous ce que représente pour vous la salle d'arts plastiques ! Vous allez tous y travailler et nous pourrons mettre en commun nos productions comme une collections de nos regards, nous exposerons en roulement jusqu'au vacances ce que vous allez réaliser'' sources documentaires : Georges Rousse, Ernest Pignon Ernest, Land Art, Tadashi Kawamata vues en début de projet. Références pédagogiques, ''le café pédagogique du 17 01 2019, Maurice Mazalto : "Questionner les utilisateurs est la seule façon de réussir" Peut on réellement affirmer que l'architecture a un effet sur le bien être et la réussite des élèves ?

La réussite éducative c'est à la fois la réussite pédagogique et dans le domaine de la socialisation. L'Ecole a deux missions : transmettre des savoirs mais aussi développer le vivre ensemble. J'ai constaté comme chef d'établissement que ces deux missions sont interactives. Quand le vivre ensemble fonctionne bien les résultats scolaires s'en ressentent positivement. Vivre au maximum la socialisation favorise la qualité de la transmission des savoirs. J'essaye dans ce livre de montrer comment les différents espaces des établissements peuvent installer du bien être à l'école. Je suis ambitieux puisque le livre va de la maternelle au lycée.

« L’espace « classe » n’est plus unique. L’élève qui se sent bien dans son établissement s’approprie les locaux, a envie d’y rester, adopte une attitude plus positive. Créer les conditions de la convivialité, c’est un gage de réussite scolaire. Il reste encore beaucoup à faire. » Maurice Mazalto, Concevoir des espaces scolaires pour le bien-être et la réussite. L'Harmattan. Programme des arts plastiques au collège : 3 questions travaillées en étant imbriquées à la fois dans la progression et dans l'appropriation de la question travaillée par l'élève. Au cycle 3 : • Expérimenter, produire, créer • Mettre en œuvre un projet artistique • S'exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs ; établir une relation avec celle des artistes, s'ouvrir à l'altérité • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l'art Au cycle 4 : représentation, fabrication, matérialité, présentation des questions qui sont articulées dans une progressivité et d'une mise en commun d'un cycle à l'autre et à l'intérieur du cycle 4, instaurer une situation proche d'un atelier au sein duquel autour d'une question commune , les sensibilités s'expriment, se complètent, fondent une culture commune.

Questions plus particulièrement traitées et annoncées comme paramètre d'évaluation : - la question de la ressemblance, - la narration visuelle du cycle 3 au cycle 4 Cycle 3 : - l'espace en 3 dimensions , - la mise en regard et en espace, - la prise en compte du spectateur et l'effet recherché Cycle 4 : - l'expérience sensible de l'espace de l'oeuvre Compétences travaillées : l'évaluation se conforme à la progression dans la démarche d'appropriation de la question et de la validation des items repérable et réalisés • Expérimenter, produire, créer • Mettre en œuvre un projet • S'exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs ; établir une relation avec celle des artistes, s'ouvrir à l'altérité • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l'art Déroulement : rappel commun de la commande/ les orientations du programme et les compétences à valider autonomie des choix de fabrication, de l'organisation et de la répartition des tâches sauf en tant que contrainte : en conserver des traces par des croquis, des photos, des videos pour nourrir le débat lors de la restitution.

Qu'est-ce que vous faites ? Moi, je vais vous la dessiner, votre salle ! Ewen

Cycle 4 : après des recherches sur le site de la ville et le cadastre, un groupe a découvert que la parcelle où a été construit le collège s'appelait ''les landes roses'', le groupe propose de partir de la toponymie d'avant et de développer ce qu'elle évoque, à savoir l'évocation de la nature. Ce groupe s'est proposer de partager les réalisations dans tous les médiums possibles en classe, avec Google Sketch up, en dessin, en représentation illusionniste , en volume

Et si demain, la lande repoussait au collège ? Le groupe de Camille B, Astilya, Camille P en 4A

On aurait un élevage de coccinelles dans la salle d'AP, c'est une idée de la 6 F, il faudra bien le préciser !

Groupe du cycle 4 : Et si la classe devenait un musée, notre meilleur musée ? Louann, Titouan, Maël, Nathan

Reprise de l'idée de la salle comme espace muséal par un autre niveau après avoir vu les travail ci-dessus et en croisant avec les recherches sur la maison idéale de Piet Mondrian avec une prise en compte du sol comme surface artistique.

Marion en 4ème, va reprendre dans une poursuite de ses recherches l'idée d'un sol unique, conditionnant l'usager de la salle, le petit cochon est en attente d'être décoré mais pas comme Wim Delvoye :''l'idée est bien mais pas sur un cochon vivant !''

Pour le groupe de Camille S ''c'est plutôt un musée temporaire, qui change selon notre inspiration, ici nous avons regardé en classe ''Cloth pin'' de Claes Oldenburg et nous avons organisé une exposition de la pince à linge artistique et nous avons mis une pancarte pour que le spectateur aille voir l'autre salle.

4F Alan Dans notre groupe, nous sommes des architectes ! nous avons pensé à des vitrines, avec comme un salon pour présenter nos travaux et la pratique pourrait se trouver ailleurs, c'est selon ce que l'on va réaliser : par exemple, dehors, dans la salle à coté, dans le couloir, en multimédia, dans la cour

Moi, ce que j'ai aimé c'est le travail sur la lumière et la mine graphite donc je vais faire un dessin de la salle AP1 quand nous y entrons, dans mon groupe nous avons fait le choix du dessin qui montre la lumière douce.

Lucas en 3ème apporte une grande peinture pour établir une relation avec le spectateur depuis la cour intérieure

Et Arnaud en 3F propose en collage numérique, une vision de la cour quand la nature va bouleverser tout et revenir sous l'enduit

Niveau seconde option facultative Construire un questionnement commun autour d'une problématique transversale en relation avec la construction d'une culture artistique 2 séquences groupées de 3 heures durant 3 semaines prévoir une séquence d'ajustement travaux en retard, si problèmes de traitement de l'image et de diffusion numérique compétences travaillées : pratiquer les arts de manière réflexive questionner le fait artistique exposer l'œuvre, la démarche, la pratique entrées : Dessiner pour créer, comprendre, communiquer/Représenter, inventer des mondes/Raconter en mobilisant langages et moyens plastiques/Présenter, dire, diffuser la production plastique et la démarche, situations de pratique set de projet, pratiquer en collaborant. Le Dessin, la Représentation : la place du dessin dans la matérialisation des idées, dessiner pour se raconter / la représentation comme support d'une pensée exploratrice, transmettre des idées par des systèmes de représentation adaptés à l'effet visuel visé , intégrer l'anticipation de la réception de sa représentation dans sa forme même et impliquer le spectateur en mobilisant son regard, requérir sa participation en se posant la question de la forme, de la communication par la représentation et de la ressemblance dans l'objectif visé par la demande passer de la bi-dimensionnalité à l'image, la communication virtuelle

''Il vous est proposé de réaliser un journal intime , de vous raconter dans une histoire avec des images et d'adapter votre journal pour une diffusion sur internet comme espace de monstration. '' En 2019, on ne peut plus se passer des réseaux sociaux, pour communiquer et se faire connaître, vous en connaissez les travers, est-ce qu'on peut les prévoir, est-ce que l'artiste est capable de conduire les intentions des spectateurs ? Entre fable et réalité, vous allez vous situer dans un entre -deux, entre réalité : l'évocation parfois directe de votre présence physique et les fictions que vous allez mettre en images, vous allez faire par cette démarche de projet, dessin, puis produit artistique communiquant et diffusé, faire émerger des lignes de partage entre l'art et la vie'' aujourd'hui on peut mettre en images sa vie sur le net, comme on écrivait son journal dans la solitude, on peut désormais, communiquer avec le monde entier sans limites. Yves Calméjane caractérise cette prolifération des portraits et auto-portraits échangés par les internautes, de ''peau électronique'' tant le réseau est dense et actif mais en se racontant sur le réseaux sociaux que devient l' intime ?'' La question centrale : la narration,se raconter avec des images construire un récit se représenter soi entre fiction et réalité un auto-portait partagé que deviennent les images quand elles sont mise à la disposition de tous réfléchir à la responsabilité de l’artiste quand il crée des images Créer des fictions mais qui questionnnent l'intime Que reste-il de l'intime ? Quels risques , comment se protéger, peut-on se protéger en amont dans la construction même de ses images , l'artiste est-il celui qui est capable de maîtriser les regards ?

La part de l'élève : sa culture des images, chaque élève a son fond documentaire soit en BD, images numériques ses savoir-faire, sa connaissances du web : participation à des forums, sa connaissance de la construction des images en tant que cadrages, plans, effets, raccords...., la perception fine du style des images, ce qu'elles évoquent comme univers sensible et expressif l la demande de l’enseignant : la contrainte vous devez intégrer est que votre production va être déposée sur les réseaux sociaux, qu'elles en sont pour vous les conséquences ? Comment pouvez-vous prévoir et organiser la diffusion sereine de vos images ?

Composante évaluable lors de la restitution Objectifs pratiques : vocabulaire de la lecture de l'image pour la restitution et la phase de présentation du projet maîtrise de la fabrication d'images, conscience démontrée articulée à des références de l'impact de la communication par l'image et de la possibilité de décider ce que doit voir le spectateur capacité à mettre en valeur sa démarche exploratoire dans sa singularité valoriser le projet personnel et le transmettre

Acquis transversaux : suite d'une formation aux risques du web par le CESC programme : articuler l'idée et la forme - mettre en image des idées -exposer ses productions, les concevoir comme objet d'exposition, références : ouvrages mis à la disposition de la classe - Mythologies Personnelles Isabelle de Maison Rouge éditions Scala - Histoire de Moi Yves Calméjane éditions Thalia -visages exposition 2014 centre de la Vielle Charité Marseille catalogue de l'exposition - Roman photo exposition Mucem 2017 2018 catalogue - dans la série l'art et la manière Palette , Collages et Photomontages, Portraits compétences: La maîtrise d'une compétence n’est pas la simple somme des acquis de l’élève (et encore moins l'apprentissage d'une suite de gestes techniques, procéduraux ou de connaissances théoriques). Pour être compétent, l'élève doit avoir eu l'occasion de combiner les différents apprentissages dans différentes situations d'expression et de création car une compétence se construit aussi en s'exerçant. Approche par compétences en Arts plastiques eduscol

Cinq fiches pour définir l'image dans son pouvoir de représenter / Arts plastiques / Académie de Paris / Octobre 2011 site Eduscol L'image-analogie offre une représentation d'un être, d'une chose sans en reproduire exactement l'aspect. « Quand nous regardons une image, nous ne voyons jamais simplement des propriétés phénoménales l’état nu, nous devons être attentifs à une certaine manière dont elles sont présentées»(Jacques MORIZOT, Qu’est-ce qu’une image, Vrin, Paris, 2005). L’image a un contenu représentationnel interprétable

A la manière de Erwin Wurm : des légumes, des fruits et des objets pour ne pas reconnaître nos visages et nous avons eu une originale de participation de la classe par un sondage

Histoire en images Tout d’abord, pour créer cette histoire nous avons fait participer la classe de seconde, en leur demandant un mot chacun. Après ceci nous avons sélectionné une grande partie des mots pour créer l’histoire. Ensuite pour la réalisation de notre vidéo nous avons choisi d’utiliser un mode de dessin enfantin afin de contraster avec l’histoire. De plus, nous avons commencé notre travail par réaliser les différents fonds et décors, puis nous avons écrit le scénario à partir duquel nous avons extrait les textes à insérer dans nos bulles. Enfin, nous avons pris les photos en plaçant les bulles sur les fonds et monter la petite vidéo grâce à l’application PowerDirector installée sur nos téléphones. Pour finir, nous pensons que grâce à internet nous pouvons transformer un problème en une solution car comme dans notre histoire cela peut prévenir des dangers ou des personnes mal-intentionnées. Zou & Lou

La référence au roman-photo nous a semblé facile pour mettre en scène notre histoire et créer un suspens de type film noir et blanc avec des images comme Cindy Sherman, assez stylées Ne pas pouvoir identifier les visages , ne laisser voir que les personnages dans l'histoire permet de les déposer sur le web, en plus les cadrages et les attitudes stéréotypées nous font plus vieux que nous sommes. Layla et son frère Le hors-champ ouvre sur un travail mental de restitution de la partie manquante et stimule l'imaginaire du spectateur, les gestes stéréotypés montrent que ainsi que le déclare Ben : ''tout est art y compris la vie qui passe''

heimlich c'est à dire intime le lieu du secret ''Le regard est une projection familière qui lie les individus entre eux. Lorsqu'un portrait ou un auto-portrait nous regarde fixement, un magnétisme s'immisce dans le rapport que nous avons avec l’œuvre d'art'' ''l'espace intime, dans la perspective d'un miroir aux reflets déformants, projette des désirs, une vision transformée de l'individu, qui se voit tel qu'il voudrait être, un autre.'' ' ' L’inquiétante étrangeté de l'espace intime naît de l'image que l'individu renvoie face à lui-même.'' extraits de Visages exposition 2014 La vieille Charité Marseille 'L’œuvre d'art devient journal intime de ces souvenirs inexorablement effacés sous la peinture diaphane au flouté photographique de Gerhard Richter'' extraits de Visages exposition 2014 La vieille Charité Marseille

Notre style est un emprunt au Pop Art car notre histoire se situe dans un fast-food donc un lie d’abord américain, sans visages nous sommes anonymes et symboliques de ce lieu ce n'est pas une histoire à suspens que nous racontons juste la banalité du quotidien mais par l'ajout de dessins surdimensionné, notre histoire devient étrange et inquiétante Travail de Violette avec comme support pour l'oral de présentation des extraits des textes mis en références communes et consultables durant le parcours. ''ce sont tes yeux, le regard qui comptent le plus dans un visage. Toutes les autres formes sont floues et indécises'' Propos de Alberto Giacometti cité dans '' Alberto Giacometti. Éclats d'un portrait’ ‘Marseille par Jacques Dupin éditions Dimanche 2007 L'idée de faire une peinture ou une sculpture de la chose telle que je la vois ne m'effleure plus. C'est comprendre pourquoi je rate que je veux. Pourquoi est-ce donc impossible de donner cette apparence ? Ça je veux le savoir et le ratage devient le positif en même temps'' Alberto Giacometti, Ecrits, Paris Hermann 1992

Dans la formation et la validation à prévoir des compétences PIX, l'accent a été mis sur le volet Collaborer / collaborer dans un groupe pour réaliser un projet, co-produire des ressources, des connaissances thématiques associées vie privée et confidentialité (en liaison avec la formation de prévention des dangers du net par le CESC) les dangers du net ont été abordés à la fois dans des travaux de groupe en prenant en compte l'imagerie des réseaux sociaux, dans un travail d'enquête en amont et ensuite, individuellement, par des productions, destinées aux réseaux sociaux et pour faire réfléchir sur les conséquences des addictions. Avec le CESC, dans le cadre du parcours citoyen, les groupes qui ont fait le choix de sensibiliser aux risques du net, vont diffuser leurs productions dans le lycée, par des moniteurs vidéos placés aux endroits de passages : l'attente pour le pôle de restauration, le foyer, le CDI, l'infirmerie, et participer à des formations de proximité en débats. Productions d'un travail collectif : ''le web est mon inspiration'' et ensuite ''travail d'art'' une animation destinée à sensibiliser aux addictions.

''Le Web est mon inspiration'' emprunte des images issues du web et sont montrées sous la forme d'une enquête les images sont toutes issues des réseaux sociaux, le groupe s'est attaché à en conserver l'aspect dans ses défauts afin de coller au plus près d'une réalité plausible. Ils ont été plus réceptifs au site Mouchette.org et aux explorations numériques de Pipilotti Rist, en tant que formes actuelles dans l'expression de l'identité telle qu'elle se normalise sur le web.

Insérer ici une vidéo suite de ''le web est mon inspiration, ainsi que une animation dessinée ''travail d'art '' Bibliographie consultée par les groupes investiguant une ''écriture plastique du net'' : Wolf Liser''digital art'' éditions ullmann Michael Rush Les nouveaux médias dans l'art édition Thames et Hudson Mark Tribes Art des nouveaux médias Taschen Florence de Mérédieu Art et nouvelles technologies Larousse Sylvia Martin Art vidéo Taschen

En conclusion nous avons tenté de donner une définition des différentes productions en évoquant le champ artistique en tant que culture. Du débat a émergé le constat que le geste plastique qui a consisté a partir du dessin pour se matérialiser dans les ressources du numérique comme médium, reste foncièrement proche du collage en tant qu'esthétique mais aussi procédé d'investigation. Comme le collage il permet de disposer d'un flux d'images, qui en ont la qualité de simplicité , de familiarité, de proximité gage d’authenticité. Cela a été un facteur important dans le projet d'exprimer le réel. C'est aussi le souci de favoriser une lecture rapide par le spectateur tout en le laissant imaginer des suites . L'image numérique est inépuisable, transformable à l'infini, c'est la plasticité même. Nous avons cité Beate Gütshow qui durant les recherches et projets,a donné des clés pour aborder leurs investigations, cette artiste déclare à propos de ses paysages ''Mes photographies sont des compositions crées à partir d'un grand nombre d'éléments différents, de 20 à 80 selon les oeuvres. J'utilise Photoshop pour construire les images finales mais je photographie les images sources moi-même . Mes images sont sans raison, déconnectées de la réalité même si elles semblent réelles. ''Beate Gütshow. ''de même que la technique du collage a évincé la penture à l'huile, ainsi le tube cathodique remplacera la toile '' Nam June Paik ''Avec leurs documentations vidéo, Altaman et bien d'autres artistes fournissent des images specifiques et précises du monde.Ils réunissent le proche et le lointain et centrent leur travail autour des catégories de l'étranger et du personnel.Une jeune génération d'artistes revisite par le détail une communauté mondiale, resserrée par la globalisation et la mise en réseau médiatique et découvre un morceau de réalité dans l'intervalle entre généralité et spécificité ''Art médiatique et société'' extrait de art vidéo par Sylvia Martin Tashen

Montrer son histoire au risque du web Pour ne pas que l’on reconnaisse la personne j’ai choisi de montrer des parties de son visage, comme ses yeux, sa bouche, son nez et son oreille. J’ai choisi de représenter tout les sens de l’humain. Faire ainsi une allusion au conte du petit chaperon rouge avec le méchant loup qui énumère ses intentions par l’évocation des 5 sens. Ainsi le personnage en face de lui ne le reconnaît pas, en plus de son costume. J’ai choisi des couleurs primaires pour montrer la jeunesse. La dernière photographie la montre sans maquillage (sauf rouge à lèvre rouge écarlate) mais avec un masque pour cacher l’identité de la personne puis créer de l’évolution avec les quatre autres photographies. J'ai beaucoup aimé les travaux de Cindy Sherman quand elle utilise du maquillage et des masques , j'ai regardé ces mises en scènes et j'ai utilisé ses effets dans mes transformations. La couleur rouge qui entoure les lèvres,ici, sert à les mettre en valeurs avec une ligne. L’entourage bleu qui encercle l’œil accentue la forme des yeux puis j’ai créé un prolongement qui se marque jusqu’au cou. En montrant que des morceaux de visage cela crée de la curiosité chez l’observateur qui tente de recoller ces morceaux, cette tache devient compliquée pour celui-

Pour mieux t’entendre. Pour mieux t’embrasser. Pour mieux te sentir. Pour mieux te voir

"Photographies d'actions différentes mais liées les unes aux autres. Chaque activité suit ou précède l'autre, dans le but de créer. "

"Elles montrent les élèves en plein travail, sous différents angles."

"J'ai choisi de prendre en photo des élèves au coeur de leurs activités d'élèves ayant l'air d'ignorer la présence de la caméra. Cela crée un effet d'intrusion dans leur moment personnel. Développer ces photos en négatif permet de remarquer des détails qu'on ne remarquerait pas en couleur, comme ici les ombres. La photographie argentique oblige à voir ces ombres."

"Nous avons donc fait trois photographies avec des élèves en action, les mouvements sont ainsi figés grâce à la photographie."

"J'ai procédé à deux photographies complémentaires, en inversion, qui donc se complètent. La photographie qui pour moi veut interroger l'éducation car le travail peut être en accord avec le ludique. En effet, se documenter en riant avec la position qu'elles souhaitent. Pour moi, la clé de la réussite est de mêler les deux, car c'est avec un travail stricte que l'abandon arrive alrs que travailler dans des conditions agréables permet un travail meilleur."

"J'ai choisi de faire en négatif pour faire ressortir les protagonistes des photos. Les photos représentent des élèves en mouvemebt ou en action, montrant ainsi le mouvement fixé dans le temos comme si le corps bougeait encore au final tout en gardant un aspect flou."

"Je me suis pris en photo en mouvement pour interroger la question de l'instant présent. Au premier plan, un corps en mouvement, au second plan, le personnage de Banksy, stoppé dans son mouvement. Cela contraste entre les deux corps."

"Capturer des moments plus ou moins anodins d'un cours d'art."

"Dans cette salle, la où l'on peut voir du "désordre", des meubles, des objets, qui pour moi représentent le travail; ce sont des "preuves qu'il y a eu du mouvement, du passage, que les objets ont été utilisés pour travailler. Ce cadre est propice au travail. Le fait d'avoir la balance des blancs, ces ombres procurent un changement de regard par rapport à une photo "classique" en couleur. L'oeil insiste plus les détails."

"Met en scène une mise en abyme, nous sommes spectateurs d'un spectateur qui regarde la photo d'un corps. J'ai représenté des corps et immortaliser un instant d'un élève au travail."

Stylo 3D

5. Les compétences PIX

https://pix.fr/competences

6. Bibliographie